Les entreprises ont besoin des littéraires, enfin !

copy writing « Les entreprises ont besoin de professionnels de l’écrit », ce n’est pas moi qui contredirai la linguiste Jeanne Bordeau. Dans un article publié par le magazine français
« Capital »
voici quelques semaines, elle explique que le numérique a donné une nouvelle vie à l’écrit dans les organisations. Et aux diplômés des filières de Lettres et Sciences humaines.

Des réseaux sociaux aux blogs en passant par les lettres d’information ou les sites web, les sociétés ont de plus en plus besoin d’organiser leur discours, de trouver le mot juste à tout instant. A tel point que plusieurs d’entre elles (Renault, Randstad, Crédit Agricole…) ont créé en leur sein de véritables rédactions et même… des écoles d’écriture internes. Vous avez bien lu !

Bon, cela, ça se passe en France. Chez nous, on n’en est pas là. Mais on se prend à rêver… Enfin les littéraires retrouvent leurs lettres de noblesse. Enfin on les prend au sérieux. Enfin les entreprises reconnaissent qu’écrire est un art. Un art qui n’est pas donné à tous. Une tâche que l’on ne peut (plus) confier au premier chien avec un chapeau qui passe au détour d’un couloir. Ou pire, à une machine.

Voilà qui devrait peut-être nous éviter, un jour, de devoir lire en réponse à une candidature pour un job « littéraire » à la RTBF : « Nous vous remercions pour votre application. Nous avons en effet déjà enregistré votre candidature pour ce poste et se fera un plaisir de vous répondre dès que nous avons attentivement parcouru votre CV. »

Apprends le français avec Playmobil®

OLYMPUS DIGITAL CAMERAMon fils est un (très) grand fan de Playmobil®. En tant que professionnel du eContent marketing, c’est tout naturellement que je l’ai abonné à la newsletter du géant allemand du jouet. Eh bien j’aurais sans doute mieux fait de m’abstenir.

Vendredi 15 novembre, 12h32, onglet «Promotion» de ma boîte Gmail : la Playmobil® Newsletter est arrivée. Evidemment, elle est consacrée à la Saint-Nicolas. J’ouvre. Le contenu est bilingue. Un bon point. Je parcours la petite histoire sous forme de «roman-photo» en néerlandais puis je clique sur le bouton qui dirige directement vers la version en français. Eh bien j’aurais sans doute mieux fait de m’abstenir.

Ce n’est pas une newsletter que je lis, c’est un torchon. Esthétiquement, rien à dire, même si c’est un peu chargé. Mais côté contenu, les bras m’en tombent. Que l’histoire racontée soit quelque peu gnangnan, soit. Mais que l’on serve à des enfants un texte aussi mal traduit et aussi piètrement écrit, là je dis non !

Quelques exemples ? «C’est le monde renversé dans le hangar» ; «Ce matin, Saint-Nicolas se trouvait devant notre portillon» ; «Puis je lui ai offert un vol au pirates» (là, j’essaie encore de comprendre le sens…) ; «Dès qu’il a appris qu’il y avait aucun bateau jouet en vue, il se précipita vers les montagnes» ; «J’ai proposé à Saint-Nicolas qu’il trouvera son bateau jouet dans la ville» ; «Il l’a vu partir direction police» ; «Il était en route vers le commissariat de police pour le retourner».

Manifestement, Playmobil® aurait bien besoin d’un nouveau bureau de traduction mais aussi et surtout qu’on lui réexplique les fondements du marketing de contenu. Offrir un contenu de qualité, dans lequel une attention particulière est portée à l’usage de la langue me semble une règle de base. Davantage encore lorsque l’on s’adresse aux enfants. Envoyer un e-mailing tel que celui-là est en outre un manque de respect flagrant pour le consommateur. Or ce respect pour le client est aussi une règle de base du marketing.

Inutile de dire que je m’abstiendrai de faire la lecture de la newsletter Playmobil® à Melvil. Par contre, je n’ai pas résisté à l’envie de cliquer sur le lien unsubscribe.