Je suis une timbrée de l’orthographe

Timbrés orthographe On me le dit souvent. « Qu’est-ce que tu nous fais ch…, avec ton orthographe ! Une vraie timbrée. » Alors quand je suis tombée sur ce magazine, un peu par hasard je l’avoue, je me suis dit celui-là, il faut vraiment que je m’y abonne. Vous pensez,
un magazine qui s’intitule « Timbrés de l’orthographe ». Il était fait pour moi.

Donc voilà, j’attends avec impatience de recevoir mon premier exemplaire, fin mars. Pour pouvoir encore faire ch… mon monde un peu plus. Parce qu’en fait j’adore ça. Déformation professionnelle, sans doute.

Et puis qu’y a-t-il de mal à expliquer aux gens qu’une balade ne prend qu’un seul « l » quand on se promène mais deux quand on la chante ? Que palier n’a aussi qu’un seul
« l » quand il est entre deux étages mais qu’il en prend deux quand on veut remédier à quelque chose. Oui, tiens, justement, précisons dans ce cas-ci que si l’on « remédie à quelque chose », par contre on « pallie quelque chose ». On ne pallie pas « à ». Ça, c’est incorrect. Quant à « repère » et « repaire », ils ont beau être homonymes, avoir la même racine latine, écrit d’une manière ou d’une autre, ils ne signifient pas la même chose ! Je vous laisse chercher… Ou encore que « elles se sont rendu compte », non, ça ne s’accorde pas ! Se rendre compte est invariable.

Oui, je sais, je suis une timbrée de l’orthographe. Mais que tout le monde se rassure, il m’arrive aussi d’hésiter, de douter voire… de ne pas savoir (cette semaine je suis entrée de plain-pied dans le vif du sujet, comprenne qui pourra…). Dans ce cas-là, je suis toujours heureuse que quelqu’un me fasse ch… et me montre que je ne suis heureusement pas la seule timbrée de l’orthographe ici-bas.

Les Astérix et Obélix de la presse

OLYMPUS DIGITAL CAMERA Alors que les grands groupes de presse peinent à trouver un nouveau souffle, essaient de se dépatouiller dans l’ère numérique qui les absorbe peu à peu voire les pousse vers le déclin et la mort, quelques groupes d’irréductibles journalistes continuent à y croire et à se démener pour qu’une information différente et de qualité, et même de nouveaux journaux papier, voient le jour. Auraient-ils perdu la tête, seraient-ils fous par Toutatis ? Qui pourrait être assez inconscient pour les aider à monter de tels projets ? Vous, moi, nous. Des anonymes animés par l’espoir (la foi ?) qu’il est encore possible de pouvoir lire autre chose que des torchons (n’ayons pas peur des mots) inspirés par les tabloïds anglais (entre autres) et autres sites du genre Buzzfeed.

Ainsi aux Pays-Bas, le nouveau magazine numérique De Correspondent a rassemblé, accrochez-vous, 1,7 million de dollar en huit jours grâce au financement participatif ! Du jamais-vu pour un projet journalistique. La plate-forme, en ligne depuis trois mois, compte aujourd’hui 28.000 abonnés et livre quotidiennement des articles non pas sur l’actualité mais sur tout ce qui est actuel. La différence ? « L’actualité se produit aujourd’hui, alors que l’actuel se produit tous les jours, précise Rob Wijnberg, fondateur et rédacteur en chef, dans une interview (à lire absolument) accordée à Ragemag. Du coup, quand on veut comprendre le monde, et nos vies dans ce monde, on est systématiquement trompés par ce qui se passe aujourd’hui : l’actualité que l’on voit est l’exception à la règle. Nous ne traitons pas des exceptions, nous souhaitons traiter des règles. La promesse que nous avons faite à nos abonnés contenait deux choses. La première, c’était une plate-forme centrée sur ses auteurs. Les abonnés suivent des correspondants qui ont une expertise ou un savoir sur un sujet précis. La deuxième, c’est que ces correspondants ne vont pas écrire sur l’actualité, mais sur ce qu’ils pensent devoir faire figurer dans l’actualité. Parce que ce sont des experts, ils peuvent juger avec grande pertinence ce qui mérite d’être traité et ce qui ne mérite pas de l’être. »

En Suède, ce n’est pas l’option numérique qui est à la une pour les nouveaux médias (dans le sens premier du terme). Là bas, les Astérix et Obélix de la presse ne croient pas à la mort du journal papier. Le 13 janvier dernier, un nouveau quotidien a vu le jour : Dagens ETC. Le premier depuis… 30 ans ! Pour démarrer, le journal suédois a lui aussi misé sur le financement participatif et a récolté 700.000 euros. Et 5.000 abonnés. La publicité n’intervient qu’à hauteur de 10 % dans son financement. Indépendant mais clairement de gauche écologiste, Dagens ETC entend démontrer qu’il faut encore compter avec le papier. Le directeur de la rédaction, Johan Ehrenberg, a d’ailleurs précisé à la radio publique suédoise que « les grands quotidiens de droite se financent par la publicité. Il s’agirait de la « mort des annonces » et non pas de la « mort du journal papier » : Tant que nous faisons un journal pour lequel les lecteurs sont prêts à payer, nous n’avons rien à craindre. »

Espérons que cela suffira à jeter une bonne fois pour toutes aux oubliettes la prédiction (plutôt énervante) d’extinction du journal papier de Futureexploration.

La « Riposte » à la presse féminine…

Riposte Magazine Vous voulez savoir à quoi ressemble le nouveau look d’Eva Longoria, ou si le « nail art » aux couleurs de Noël est incontournable cette année ? Vous risquez d’être fort déçue par le nouveau magazine féminin « hype » ou, comme il se décrit lui-même, par le nouveau « magazine intelligent pour les femmes ».

Baptisé « Riposte », il se veut une réponse à la mièvrerie et à l’uniformisation qui règnent en maître dans la presse féminine actuelle. On ne peut pas vraiment donner tort à sa rédactrice en chef Danielle Pender. Ouvrez un « Elle », un « Cosmo », un « Marie-Claire », un « Vif-Weekend » ou un « Biba », et vous aurez la fâcheuse impression de lire et relire, encore et encore, les mêmes articles d’une édition à l’autre voire d’une année à l’autre ! L’overdose a assez duré ! « Il était temps de parler de femmes inspiratrices, audacieuses et intelligentes. Notre intelligence, c’est celle de l’audace, du courage, de la prise de risque et de l’anticonformisme » a déclaré la rédac’chef de Riposte au site Influencia.

Pas de doute, dans le monde malmené de la presse, il en fallait du courage pour lancer ce type de magazine. Biannuel, anglophone, son concept éditorial est simple : cinq idées, quatre interviews, trois portraits, deux essais et une icône. Anticonformiste, « Riposte » l’est aussi dans dans la forme : on est très loin des pages souvent surchargées des magazines féminins habituels. Ici, on respire, on donne de l’air, on laisse de l’espace au vide. Pas de pubs. Et aucune photo « photoshopée ».

Clairement ancré dans la nouvelle vague des mooks – ces publications hybrides à mi-chemin entre la revue et le livre – « Riposte » porte savamment son nom… Espérons qu’il remportera la bataille. Malheureusement, rien n’est moins sûr.

Et vous, pensez-vous qu’il existe une place pour ce type de « magazine intelligent pour les femmes » ?

Pour feuilleter « Riposte », c’est ici.

Après le slow food, la slow orthographe

Cover Slowclasses 2Voilà 23 ans que l’on nous parle de la « nouvelle » orthographe. Vingt-trois ans qu’elle est toujours aussi mal connue, et employée de manière variable. D’ailleurs, qui sait réellement quelles réformes ont été appliquées ? Nombreux sont ceux qui l’emploient sans même s’en rendre compte. Car c’est là un des avantages de la « nouvelle » orthographe, avec elle, certaines fautes n’en sont plus !

La « nouvelle » orthographe peine donc à s’imposer, elle prend son temps, alors qu’elle est censée être la référence. On pourrait dire qu’elle fait partie du « mouvement slow ». Comme il y avait déjà le slow food, le slow management, le slow money il y aurait donc la slow orthographe.

Une slow orthographe dont je vous livre l’essentiel dans un tout nouveau magazine baptisé… « Slow Classes ». Initiative lancée par Nathalie Dillen, journaliste, prof de français et baroudeuse, « Slow Classes » est destiné aux parents, aux enseignants et à tous ceux qui veulent apprendre autrement. Un magazine différent, intelligent, qui six fois par an offre une autre vision de l’école et de l’apprentissage en général.

Pour son deuxième numéro, « Slow Classes » consacre son dossier aux évaluations scolaires (le PISA nouveau est bientôt là !), donne la parole à Carl Honoré, auteur de l’emblématique « Eloge de la lenteur », apprend aux enfants à lire une carte ou un plan et même à fabriquer leur propre boussole ! Sans oublier quelques fiches pratiques, ludiques et toujours originales.

« Slow Classes » n’est disponible pour l’instant qu’en version numérique. Vendu 5,50 €
le numéro, une part de ses bénéfices sont reversés à des projets d’école du Monde.

A découvrir aussi sur www.slowclasses.com