Ne confondez plus chiffre, nombre et numéro

Dans mon dernier billet, je titrais : « Prête à partir mais pas près de revenir », vu le nombre de jours qui s’est écoulé depuis, vous avez dû croire que je vous avais pris aux mots !

Puisqu’on parle de nombre, savez-vous ce qu’est réellement un nombre ? Rassurez-vous, Les Points sur les i ne vire pas « Parfait petit manuel de mathématiques ». Quoique… Car qu’on le veuille ou non, les mathématiques sont souvent liées à la bonne compréhension de la langue. Et confondre chiffre, nombre et numéro, pour un matheux, est un vrai sacrilège.

Pourtant, dans la vie de tous les jours, hormis les matheux, qui fait encore la différence entre ces trois termes ? Oui, bon, moi, j’avoue (ma mère me rêvait prof de math !)… Il faut dire que dans le langage courant, employer indifféremment l’un ou l’autre est admis et ne choque plus personne (sauf les matheux et… moi). C’est regrettable, car ce que l’on admet pour les chiffres et les nombres, personne ne le fait pour les lettres et les mots (vous comprendrez plus bas). Comme quoi, même dans le langage, il y a des discriminations !

J’arrête là mon numéro et pour ceux que cela intéresse, voici donc comment employer à bon escient « chiffre », « nombre » et « numéro ».

Les chiffres vont de 0 à 9

Retenez une chose, il n’existe que 10 chiffres : 0, 1, 2, 3, 4, 5, 6, 7, 8 et 9. Un chiffre est en fait l’équivalent d’une lettre. On dira donc, de préférence, « le chiffre 3 », et pas le « nombre 3 ». Pour les mathématiciens, les chiffres sont les symboles mathématiques de base auxquels on associe une valeur numérique.

Les nombres sont composés de chiffres

Un nombre, lui, est composé de chiffres (minimum deux). Comme les mots sont composés de lettres. 29 est un nombre, pas un chiffre. Tout comme 1.925 ou 3.524.689.

Oui mais alors, pourquoi dit-on un « chiffre d’affaires » et pas un « nombre d’affaires » ? Parce que le montant d’une somme, le total d’une évaluation, est un chiffre. Dixit Le Larousse ! Et les joies de la langue française !

Et les numéros alors ?

À côté des chiffres et des nombres, pour complexifier encore un peu plus les choses, nous avons en effet les numéros. Eux, ce sont des codes composés d’un chiffre ou d’un ou plusieurs nombre(s). Autre particularité : ils portent un certain nombre d’informations et/ou indiquent une place dans une série. Vous suivez ? Ainsi, on parlera d’un numéro de téléphone ou d’un numéro de rue et pas de chiffre ou de nombre de téléphone ou de rue.

Pas sûre que tout cela vous réconcilie avec les maths !

2 jeux à demander absolument à saint Nicolas

Plus que deux fois dormir et saint Nicolas déposera les joujoux dans les souliers placés devant les cheminées. Il n’est pas encore trop tard pour lui suggérer de mettre dans sa hotte l’un ou l’autre jeu amusant et intelligent pour les petits et les plus grands. Comme par exemple mes deux coups de cœur de l’année, basés évidemment sur l’orthographe et l’utilisation de la langue française…

comment-j-ai-adopte-un-gnou « Comment j’ai adopté un gnou », Editions Le Droit de perdre, 15 €

« Du pur délire pour les adultes ! Un super outil d’expression pour les enfants », peut-on lire sur la boîte. Et c’est tout à fait vrai ! Ce jeu de dés va vous permettre de raconter des histoires. Complètement folles, hilarantes, surprenantes, détonantes.

Le principe du jeu ? Vous lancez deux dés numérotés. La combinaison vous donne le numéro du thème de votre futur récit ; 120 sont proposés comme « Mon GPS se moque de moi », « Je lis l’avenir dans la purée de pomme de terre », « J’ai sauvé la planète mais personne ne le sait »,
« Un jour, j’ai mangé 23 œufs durs ! »… Puis, vous lancez les six dés colorés, du plus clair au plus foncé. Sur chacune des faces des dés sont écrits des mots de transition tels que
« Et là, surprise… », « Je précise que…», « Moi, tranquille… », « Je dois vous avouer…»,
« C’est comme ça que… ». Vous l’aurez compris, entre chaque lancer de dé, vous devrez compléter votre histoire en utilisant le mot de transition apparu sur le dé.

Mais attention ! A tout moment, un autre joueur peut utiliser le dé noir pour donner une tout autre tournure à votre récit, vous poser une question, vous contredire, etc..

Qui gagne ? A la fin de sa prestation, le narrateur lance un dé numéroté. Si tous les autres joueurs estiment que son histoire mérite un meilleur score, il a le droit de lancer l’autre dé numéroté et de cumuler la valeur des deux dés. Celui qui a obtenu le meilleur score à la fin d’un tour de table a gagné. « Ce système peut se révéler injuste, précisent les auteurs du jeu. Or la vie est injuste et ce jeu c’est la vie ! »

Nombre de joueurs : 3 à 8

Âge : 8 à 88 ans

A-qui-la-faute « A qui la faute ? », Presses universitaires de France, 14,90 €

Pour réviser son orthographe de manière ludique seul(e), en famille ou entre amis, « A qui la faute » est le jeu qu’il vous faut. Il se présente sous la forme d’un petit coffret de 200 cartes de trois couleurs différentes. Chaque couleur correspond à un niveau de difficulté : vert pour les débutants, bleu pour les joueurs confirmés, rouge pour les experts.

Le principe du jeu ? Vous déterminez un temps de jeu. Chacun à leur tour, les joueurs tirent une carte du niveau de leur choix. S’il répond correctement, le joueur conserve la carte. Si pas, il la replace en dessous du paquet. Sur chaque carte, une question d’orthographe sous forme de QCM est posée ; au verso, la solution, une explication et une astuce donnée par un petit animal pour mémoriser ou comprendre la règle. On peut augmenter la difficulté du jeu en instaurant des règles supplémentaires grâce au dé. Celui-ci peut par exemple déterminer le nombre de bonnes réponses à donner à la suite ou le nombre de cartes à tirer d’affilée. On peut aussi décider que la bonne réponse ne suffit pas, qu’il faut la justifier.

Qui gagne ? Le joueur qui, au cours du temps déterminé, a répondu correctement au plus grand nombre de questions.

Nombre de joueurs : 1 à plusieurs

Âge : 9 à 99 ans

Bon amusement et bonne Saint-Nicolas !

Ce que vous ignorez (peut-être) sur l’alphabet

Toy. On l’apprend souvent en chansons. Machinalement, sans trop se poser de questions. Personne ne nous explique vraiment d’où il vient, l’origine de son nom ou encore pourquoi ses lettres sont rangées dans l’ordre qui est le sien. Et si, pour une fois, on s’intéressait d’un peu plus près à notre bon vieil alphabet ?

Commençons par l’ABC, ou peut-être devrions-nous dire l’AB… de l’alphabet. Le mot
« alphabet » vient du mot latin « alphabetum », formé des deux premières lettres de l’alphabet grec « alpha » et « béta », elles-mêmes empruntées aux lettres sémitiques
« aleph » et « bèt ». Bref, comme le résumait très bien Voltaire, « Alphabet ne signifie autre chose que AB… ». Et le célèbre auteur de poursuivre un peu moqueur dans un article intitulé « ABC ou Alphabet » : « … deux sons sans aucun rapport l’un avec l’autre […] l’un est le premier, l’autre le second ; et on ne sait pas pourquoi. »

En effet, dès leur origine (cananéenne), les lettres de l’alphabet ont été rangées selon un ordre resté immuable tant en phénicien qu’en hébreu, en grec et en latin. On ne sait guère pourquoi l’ordre est celui-là, ni pourquoi il n’a jamais vraiment changé. C’est l’un des grands mystères de l’alphabet.

Le lexicologue Jean Pruvost, dans un article paru dans la revue « Les Timbrés de l’orthographe », avance cependant une explication, du moins pour les deux premières lettres. Pour lui, on oublie qu’« aleph » représentait le bœuf et « bèt » la maison, les valeurs premières de l’homme : le bétail, la source de la richesse, et la maison, où l’on vit. « Or lorsqu’on apprend à écrire, à lire, on commence naturellement par ce qui est essentiel aux yeux des adultes qui transmettent leurs valeurs », écrit-il.

Les voyelles n’ont pas toujours existé

Le premier alphabet connu serait né à Ougarit, en Syrie, 1.400 ans avant Jésus-Christ. Il se composait de 27 lettres cunéiformes, des coins tracés dans de l’argile. Par la suite, des alphabets de 22 lettres, essentiellement des consonnes (dans les langues sémitiques tout mot commence par une consonne), ont servi à écrire le phénicien, l’araméen ou l’hébreu.

Ce sont les grecs qui ont mis voyelles et consonnes sur un pied d’égalité. Ils ont attribué à certaines lettres phéniciennes dont ils n’avaient pas l’usage la valeur de voyelle. C’est comme cela que sont nés l’alpha (« A »), l’epsilon (« E »), l’omicron (« O ») et l’upsilon
(« Y »). Le iota, le « i », ils l’inventèrent ex nihilo. Bref sans les Grecs, bon nombre de langues ne seraient pas les mêmes aujourd’hui…

Autres petites curiosités de l’alphabet

> L’alphabet grec est à l’origine de tous les alphabets européens actuels (copte, géorgien, cyrillique, gothique, arménien, etc.).

> Le « O » est rond car à l’origine, il est l’initiale du mot hébraïque « oyin » qui désigne l’œil. Le O n’est donc pas un « rond », un « cercle », mais un œil !

> L’alphabet français n’est pas constitué de 26 lettres mais de… 42 ! Aux 26 lettres que tout élève apprend comme faisant partie de l’alphabet, il faut ajouter 13 voyelles accentuées, un graphème (le « ç ») et deux ligatures (le e dans a « æ » et le o dans e
« œ »).

> Le « Z » a disparu un moment de l’alphabet, il était tout simplement inutile en latin…

> Avez-vous remarqué comme la plupart des lettres de l’alphabet ont une symétrie, sauf huit ? Retrouverez-vous lesquelles ?

> Le « E » est la voyelle la plus utilisée (14,7 %), le « S » la consomme la plus utilisée
(7,9 %).

> Pour tester les machines à écrire, une phrase contenant toutes les lettres de l’alphabet avait été inventée : « Portez ce vieux whisky au juge blond qui fume ».

Pour tout savoir sur l’alphabet : M.-A. Ouaknin, « Mystères de l’alphabet », Assouline.

Cet article a été publié dans l’édition de novembre-décembre du magazine «Slow Classes», téléchargeable gratuitement via ce lien. « Slow Classes » est destiné aux parents, aux enseignants et à tous ceux qui veulent apprendre autrement.

Saint Nicolas est (enfin) passé

Wordament 2 Chaque année c’est pareil, au pied de la cheminée, il n’y en a que pour vos enfants. Une boîte de LEGO par-ci, une BD par-là, quelques chocolats. Et vous, rien, nada. Ou alors juste une guimauve que votre rejeton aura daigné vous céder. Alors parce qu’on n’est jamais mieux servi que par soi-même, ce matin j’ai cherché un jeu, un jeu pour moi. « Mon » jeu de Saint-Nicolas.

Je l’aime tellement que je me suis dit que j’allais le partager avec tous les parents qui comme moi ont été injustement oubliés par le Grand Saint. Et qui sait, peut-être nous « affronterons »-nous lors d’une partie ? Car ce jeu est un grand tournoi mondial, un jeu de lettres pour le moins addictif, qui ne s’arrête jamais (les parties se poursuivent 24h/24) et baptisé très logiquement Wordament. Le but : composer le maximum de mots, en obtenant le score le plus élevé possible, ou le plus long mot possible en un temps limité : 2 minutes. Pour cela, vous disposez d’un carré composé de 16 cases comprenant chacune une lettre à laquelle est adossé un nombre de points. Pour constituer les mots, vous pouvez partir du haut, du bas, aller vers la gauche ou la droite, monter, descendre, bref aller dans tous les sens. Ce qui complique évidemment le jeu. Mais le rend aussi intéressant.

On peut y jouer tant sur iPhone que sur Android ou Windows Phone (et même sur XBox Live, le jeu a été développé par Windows) et partager ses scores sur Facebook. Et si vous aimez les défis, vous pouvez même tenter votre chance dans d’autres langues. Près de 40 sont disponibles.

Prêt(e) pour une partie ?