Une somme maximum ? Non, un plafond !

Maximum… Voilà encore un mot qui nous pousse régulièrement à la faute. On a beau faire le maximum pour éviter les pièges de la langue française, on finit toujours par tomber dans le panneau. Et quand le latin vient jouer les trouble-fête, cela n’arrange rien. Vraiment rien.

Accorder le mot maximum au pluriel, déjà, n’est pas une sinécure. Faut-il simplement ajouter une « s » ou employer le pluriel latin maxima (sans « s », évidemment) ? Mieux vaut ne pas lancer le débat, sous peine d’y passer des jours… pour rien. Puisque, finalement, les deux formes sont admises. Le Larousse préférant toutefois le pluriel français des maximums, moins désuet. Mais où les choses se compliquent réellement, c’est lorsqu’on aborde le genre du mot maximum.

Car maximum peut être un nom (il a obtenu le maximum des points), une locution adverbiale (pousser le bouchon au maximum) et… un adjectif. Sauf que l’adjectif, s’il existe, tout le monde s’accorde à dire qu’il ne faut pas l’employer. Et lui préférer l’adjectif maximal. Je vous jure, je fais le maximum pour être claire. Un exemple sera plus parlant.

Ainsi, on ne roule pas à la vitesse maximum de 120 km/h. Enfin si, vous pouvez, mais seulement si vous dites « je roule à la vitesse maximale de 120 km/h ». De même, on n’écrira pas « l’arrêté royal entérine les nouveaux montants maximums des chèques-cadeaux », on préfèrera maximaux, le masculin pluriel de maximal. Sauf qu’à l’oreille, les montants maximaux, ce n’est pas très joli, vous en conviendrez. La solution ? Faites preuve de vocabulaire, dites « plafond » !

Pour conclure, évitez également le pléonasme au grand maximum ; le maximum est toujours le plus haut degré atteint par quelque chose. À bannir aussi à tout jamais : réduire au maximum ; on réduit au minimum ou on réduit le plus possible. C’est tout de même logique, non ?

Postuler et pallier à : virez-moi ce « à » !

Il est des verbes, on ne sait trop pourquoi, qui appellent une préposition alors qu’en réalité, il n’en faut pas ! Postuler et pallier sont de ceux là.

Qui n’a jamais un jour dans sa vie prononcé des phrases comme « il a postulé à un emploi chez X » ou « je cherche à pallier à son manque d’enthousiasme » ? J’avoue, moi aussi, je l’ai fait. Bon, je devais avoir 8 ou 9 ans, et c’était sans doute dû à l’ignorance de mon entourage qui, lui aussi, « postuler à » ou « pallier à ». Brrr, j’en frissonne. Mais non, je rigole.

Car comment savoir qu’il faut bannir cette malencontreuse préposition si personne ne vous l’a jamais enseigné ? Comment ne pas tomber dans le piège de « l’usage » quand cet usage ne cesse de s’imposer au détriment de l’enseignement et de la connaissance ? Heureusement, je suis là pour vous sauver (c’est du second degré, hein !) et, en ce jour du Seigneur, vous apporter la bonne parole…

> On pallie quelque chose, on ne pallie PAS à quelque chose. Le verbe « pallier » est un verbe transitif direct, pas besoin, donc, de le faire suivre de la préposition « à ». Et puis, tant qu’à faire, rappelons aussi que le verbe « pallier » prend deux « l ». Alors que le palier de votre appartement n’en prend qu’un.

> On postule un emploi chez Grevisse, on ne postule PAS à un emploi chez Grevisse. De toute manière, si vous vous exprimez de la sorte lors de l’entretien, vous ne risquez pas d’avoir le job ! De nouveau, le verbe est transitif. Et si on ne flanque pas un « à » à la suite de « postuler », on ne lui associe pas non plus une autre préposition. Bref, si on ne postule pas « à », on ne postule pas davantage « pour » !
La langue française ne serait pas la langue française si « postuler » ne pouvait néanmoins être, aussi, un verbe intransitif. Mais dans un seul cas : lorsqu’il est utilisé au sens juridique du terme : « postuler devant une cour d’appel. »

Quoi qu’il en soit, postuler et pallier, même combat !

J’ai trouvé mon maître !

White conceptual keyboard - Wikipedia (key with logotype) La semaine dernière je vous expliquais à quel point je suis une timbrée de l’orthographe. Eh bien, je pense avoir trouvé plus atteint que moi ! Son nom : Bryan Henderson ; Giraffedata pour les aficionados de Wikipédia. Depuis 2006, cet ingénieur californien a dépassé les 50.000 contributions à l’encyclopédie libre. Mais pas n’importe quelles contributions ! Bryan a corrigé plus de 50.000 fois la même faute de grammaire dans les pages anglophones de Wikipédia ! Et cela en énerve plus d’un !

Cette faute est difficilement traduisible en français (vous trouverez toute l’explication ici). Mais on peut dire qu’elle est aussi courante que notre bon vieux « se rappeler de ». Oui, oui, ce verbe que beaucoup ont tendance à utiliser comme « se souvenir de ». Après tout, pourquoi pas puisqu’ils sont synonymes… Mais non ! On se rappelle quelque chose.
Le « de », vous pouvez l’oublier à tout jamais ! Inutile de vous le rappeler. Et surtout inutile de « vous en rappeler ». Oui, ça aussi, c’est incorrect.

Allez, on résume.

On dit : « Se rappeler la perte du dentier de tante Germaine » ; « Je me la rappelle » ou
« Je me rappelle cela ».

On ne dit pas : « Se rappeler de la perte du dentier de tante Germaine » ; « Je m’en rappelle » ou « Je me rappelle de cela ».

Vous voulez éviter de vous casser la tête, rayez le verbe « se rappeler » de votre vocabulaire (mais je vous préviens, ce n’est pas simple !) et préférez-lui « se souvenir ». Avec lui, vous pourrez vous souvenir « de » la perte du dentier de tante Germaine et même dire « Je m’en souviens ». C’est vrai, c’était épique !