Le SEO aura bientôt la peau de l’orthographe

SEO peau orthographe Il y a un peu plus d’un an et demi, je l’écrivais haut et fort « SEO, je te hais ! ». Mon sentiment envers le
« Search Engine Optimization » n’a pas changé. Je crois même que je le déteste encore un peu plus chaque jour. Notre cohabitation forcée – quand on écrit pour le Web, on ne peut plus vraiment faire chambre à part avec
M. SEO – me rend chèvre.

Car après avoir eu raison de la qualité stylistique d’un texte, voilà que ce cher SEO est en passe d’avoir la peau de l’orthographe. D’aucuns me diront qu’une fois de plus, j’en fais trop. Il n’empêche, la situation vécue cette semaine me laisse franchement penser le contraire…

« On enlève le ‘s’ à ‘salle de bains’ »

Au début, j’ai cru avoir mal lu : « J’ai retiré le S à bain car plus de recherches Google sans le S ». J’ai relu, trois fois je pense, le commentaire de ce client. Me demandait-il vraiment de commettre une faute d’orthographe au nom du sacro-saint Dieu Google ? Noooon, pas possible. Eh bien si ! Car oui, si vous introduisez le mot « salle de bains » dans le moteur de recherche, vous obtenez 69 millions d’occurrences ; si vous écrivez « salle de bain », le nombre grimpe à 73,9 millions. Bref, en faisant une faute d’orthographe, son texte aura davantage de chances d’être vu et (peut-être) lu. CQFD !

Mes conclusions ?

1. La majorité des gens ne savent pas orthographier correctement le mot « salle de bains ». Il paraîtrait que les deux orthographes sont acceptées. La nouvelle orthographe serait-elle passée par là ? Larousse ne renseigne toutefois que la version avec « s ». Le Robert serait plus permissif mais je n’ai pas pu vérifier, Robert ne fait pas partie de ma bibliothèque.

2. Les marques et entreprises se moquent de publier des articles avec des fautes. Pourtant, comme je l’ai déjà écrit, une entreprise dont les communications ou les courriels des employés seraient systématiquement remplis de fautes, verrait son image en pâtir. Pire, une seule faute d’orthographe ou de grammaire est capable de réduire de moitié les ventes d’un site, selon une étude britannique. Reste, vous me direz, que le risque n’est guère très élevé si les clients ne savent déjà pas écrire salle de bains sans faute…

3. Google a encore gagné !

SEO, je te hais !

SEO word on newspaper background S, E, O. Ces trois lettres une fois accolées suscitent chez moi depuis quelque temps d’étranges sentiments. De la colère, du dégoût, de l’incompréhension et même, parfois, du découragement. C’est pourquoi je n’ai pas peur de le dire :
« SEO, je te hais ! »

Je te hais parce que tu gâches tout. Au nom de la désormais sacro-sainte toute-puissance des robots et autres moteurs de recherche. Je te hais car toi, cher « Search Engine Optimization », tu nous as transformés, nous les amoureux du style et des jolis mots, en rédacteurs de bas étage. Tu relègues nos professeurs d’écriture au placard pour les remplacer par des (soi-disant) spécialistes du référencement (rarement d’accord entre eux !) pour qui seul compte le langage de Google, Facebook et Twitter. Enfin surtout Google.

SEO, je te hais car un papier bien écrit, un titre percutant ou spirituel, un vocabulaire intelligent et pensé ne trouvent pas grâce à tes yeux. Pour obtenir une place de choix dans le cœur de Google, il faut écrire… comme un pied.

Fini de prendre du plaisir à trouver des synonymes : l’important pour M. SEO est de répéter le même mot(-clé) le plus grand nombre de fois.

Chercher un titre accrocheur… Allons bon ! Oubliez aussi les jeux de mots ou effets de langage. Google est trop bête pour les comprendre. Aujourd’hui, les titres ne peuvent plus être imprécis sur le Web, ils doivent être informatifs ! Et si tous peuvent contenir le mot
« comment », c’est encore mieux. Et attention, toujours le mot le plus important au début !

Les mises en contexte, plus la peine. Avec Google, c’est « to the point » ! Quant à la voix passive ou les relatives, aïe, aïe, franchement abandonnez ! On écrit court et comme on parle !

En résumé, pour être un bon journaliste ou un bon copywriter aujourd’hui, plus besoin de savoir écrire, il faut juste savoir parler aux moteurs…