Sexe, informatique, linguistique et… marketing

Bla, Bla - Dummes Gequatsche online La maîtrise des langues par les machines est un objectif que se sont lancé les informaticiens depuis les années 1950. Ce qui devait être une formalité, s’est vite transformé en un véritable défi. La grammaire a plus d’un tour dans son sac. Une langue naturelle n’est pas un langage informatique, et vice versa.

En un peu plus de 60 ans, la linguistique informatique a fait des progrès, mais aucune machine n’est encore capable de maîtriser une langue comme un humain. Les logiciels de traduction automatique nous le rappellent tous les jours !

Informaticiens et linguistes persévèrent néanmoins à enseigner les langues aux ordinateurs. Parfois en menant des études dont on se demande, au premier abord, quelle sera la réelle finalité. C’est le cas d’une étude réalisée à l’université McGill de Montréal dont l’objectif était de déterminer le sexe des utilisateurs de Twitter qui rédigent leur message en français (l’exercice a aussi été fait pour le japonais, le turc et l’indonésien). Les chercheurs ont notamment élaboré un algorithme permettant de rechercher les adjectifs masculins ou féminins, ainsi que les participes passés, placés après la phrase
« Je suis ». Résultat : le détecteur a pu déterminer le sexe des utilisateurs avec une précision de 90 %. Et Twitter gazouillerait davantage au féminin.

Voilà une information cruciale que nous attendions tous. Cela dit, il ne faudrait toutefois pas classer trop vite au rayon des travaux inutiles cette brillante étude. Car comme le disent les auteurs : « Les résultats obtenus pour le français révèlent que certaines langues présentent des caractéristiques plus adaptées à certaines tâches de classification. La reconnaissance et la valorisation de ces caractéristiques seront vraisemblablement de nouveaux axes de recherche prometteurs. » On n’en doute pas. Et sans doute nombre d’entre nous auraient pu arriver aux mêmes conclusions.

Mais le plus important dans l’histoire, et comme le précise l’université McGill dans son communiqué : « Ce type d’information pourrait se révéler extrêmement utile pour les annonceurs en leur permettant de cibler leurs messages en fonction de l’auditoire désiré. » On se disait bien qu’il devait encore y avoir du marketing caché dans cette histoire…

L’étude complète est à lire ici.

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