SEO, je te hais !

SEO word on newspaper background S, E, O. Ces trois lettres une fois accolées suscitent chez moi depuis quelque temps d’étranges sentiments. De la colère, du dégoût, de l’incompréhension et même, parfois, du découragement. C’est pourquoi je n’ai pas peur de le dire :
« SEO, je te hais ! »

Je te hais parce que tu gâches tout. Au nom de la désormais sacro-sainte toute-puissance des robots et autres moteurs de recherche. Je te hais car toi, cher « Search Engine Optimization », tu nous as transformés, nous les amoureux du style et des jolis mots, en rédacteurs de bas étage. Tu relègues nos professeurs d’écriture au placard pour les remplacer par des (soi-disant) spécialistes du référencement (rarement d’accord entre eux !) pour qui seul compte le langage de Google, Facebook et Twitter. Enfin surtout Google.

SEO, je te hais car un papier bien écrit, un titre percutant ou spirituel, un vocabulaire intelligent et pensé ne trouvent pas grâce à tes yeux. Pour obtenir une place de choix dans le cœur de Google, il faut écrire… comme un pied.

Fini de prendre du plaisir à trouver des synonymes : l’important pour M. SEO est de répéter le même mot(-clé) le plus grand nombre de fois.

Chercher un titre accrocheur… Allons bon ! Oubliez aussi les jeux de mots ou effets de langage. Google est trop bête pour les comprendre. Aujourd’hui, les titres ne peuvent plus être imprécis sur le Web, ils doivent être informatifs ! Et si tous peuvent contenir le mot
« comment », c’est encore mieux. Et attention, toujours le mot le plus important au début !

Les mises en contexte, plus la peine. Avec Google, c’est « to the point » ! Quant à la voix passive ou les relatives, aïe, aïe, franchement abandonnez ! On écrit court et comme on parle !

En résumé, pour être un bon journaliste ou un bon copywriter aujourd’hui, plus besoin de savoir écrire, il faut juste savoir parler aux moteurs…

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