Sauver les libraires n’est pas « Superflus »

Superflus Les librairies indépendantes ne sont plus que 125 en Belgique francophone. Combien seront-elles demain ? Certainement pas plus, très probablement moins, beaucoup moins. Pourtant le livre papier se porte bien. En France, il vient même d’enregistrer une progression des ventes : + 2,3 % en un an ! Mais la part de marché des libraires s’effrite toujours plus au profit de la vente en ligne, Amazon en tête.

Pour endiguer le phénomène, les libraires se démènent. Ne sauront bientôt plus quoi inventer. Dans cette course pour garder la tête hors de l’eau, les éditeurs eux-mêmes ne semblent pas vraiment les aider… Pour preuve cette étonnante (més)aventure vécue la semaine dernière chez Caroline, ma libraire.

J’allais y acheter « Superflus », le premier roman d’un auteur belge naissant, Hugo Poliart, paru chez Academia. « Oh la la, me dit Caroline, Academia… Depuis que la maison d’édition belge a été rachetée par L’Harmattan, beaucoup de choses ont changé… » Interloquée, je lui demande quel est le problème. « Le problème ? Toute commande chez L’Harmattan coûte 6,50 euros. Si vous avez le temps d’attendre que d’autres clients me demandent ce roman ou en commandent d’autres du même éditeur, alors d’accord. Dans le cas contraire, ça me coûte beaucoup trop cher. »

J’ai remercié Caroline, j’ai tourné les talons et je me suis posé la question : vais-je boycotter le bouquin (et pénaliser un jeune auteur au talent certain), céder aux sirènes de l’Internet (et faire le jeu de l’éditeur et d’Amazon) ou chercher un autre libraire (à je ne sais combien de kilomètres) qui, par hasard, aurait le bouquin d’Hugo Poliart ? Je n’ai pas encore tranché…

Mais en lisant quelques papiers sur la montée en puissance d’Amazon, je suis tombée sur une petite extension informatique très intéressante : Amazon-Killer. Installée sur votre navigateur Internet, elle permet de chercher un livre dans le catalogue d’Amazon, puis de voir s’il est disponible dans une librairie proche. Pour l’instant, elle ne fonctionne qu’en France. Mais on se met à rêver qu’Elliot Lepers, son créateur, nous livre une version belge. Parce que sauver les libraires, en Belgique aussi, n’est pas « Superflus ».

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