Saint Nicolas, trait d’union et majuscule

saint Nicolas L’institutrice de mon fils ne sait pas orthographier correctement le nom de saint Nicolas. Cela dit, elle n’est pas la seule… Voici quelques semaines, un client m’a littéralement vilipendée parce que j’avais oublié la majuscule et le trait d’union de « saint Nicolas ». J’ai donc gentiment pris mon bâton de pèlerin de l’orthographe – pour ne pas dire ma crosse – pour lui expliquer que non, je n’avais rien oublié du tout.

Mais j’avoue, le mot « saint » et son équivalent féminin constituent un des chapitres les plus délicats de l’orthographe française. Je m’explique…

Lorsqu’il désigne un personnage, comme notre très cher saint Nicolas tant attendu ce
6 décembre, le mot « saint » s’écrit toujours sans trait d’union et avec une minuscule. Sauf, bien sûr, si le mot « saint » commence une phrase (comme dans le titre de cet article). Bref, lorsque Sidonie (ou Arthur) écrit « Cher saint Nicolas » pour débuter sa lettre, apprenez-lui qu’il est inutile de flanquer une majuscule et un trait d’union à l’homme à la longue barbe blanche.

Par contre, si elle (ou il) évoque dans sa lettre la fête de Saint-Nicolas, là, la majuscule et le trait d’union sont indispensables. En effet, le mot « saint » s’écrit avec une majuscule et un trait d’union quand en composition avec le nom du personnage, il désigne une fête (la Saint-Nicolas), une date (à la Saint-Nicolas), un événement historique, un lieu (la ville de Saint-Nicolas), une île, une montagne, un fleuve ou une rivière, une église, un ordre religieux, un monument, une rue, une place…

Mais la difficulté ne s’arrête pas là ! Car si l’on écrit, en parlant de la fête,
« la Saint-Nicolas », il faudra par contre écrire « la fête de saint Nicolas » (car dans ce cas, l’allusion au saint est exprimée). C’est valable aussi lorsqu’on parle d’une église. On écrira « la basilique Saint-Pierre » mais « la basilique de saint Pierre ».

Et l’on vous épargne les cas particuliers comme la sainte Eglise, la Sainte Vierge, le Saint-Père ou encore l’Ecriture sainte. Vous les trouverez tous dans la hotte de saint Grevisse.

Bonne Saint-Nicolas !

2 réflexions au sujet de « Saint Nicolas, trait d’union et majuscule »

  1. Votre billet est comme toujours bien troussé et respectueux des règles typographiques que l’on se devrait de connaitre. Le cas de notre bon saint présente en revanche un cas particulier et néanmoins courant.
    Vous rappelez justement que le « personnage » s’écrit avec minuscule au mot saint et majuscule au nom Nicolas. Donc on croit bien à saint Nicolas. Mais la représentation costumée que l’on voit dans la rue (parfois en de nombreux exemplaires, ubiquité oblige) n’est pas le personnage même mais sa représentation. À ce titre il convient de l’écrire comme un nom commun, « un saint-nicolas », de la même manière qu’un saint-bernard est un chien, une saint-jacques un coquillage ou un saint-émilion un vin de la ville éponyme. Trait d’union et minuscule permettent alors d’accorder éventuellement en nombre. La remarque vaut aussi pour les pères-noëls des grands boulevard ou les saint(s)-sébastiens des peintres de la Renaissance.
    On retrouve cette règle pour des noms simples comme « les christs de pierre médiévaux » (bustes à l’image du Christ) ou les napoléons cotés sur le marché de l’or (monnaie à l’effigie de l’Empereur).

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