2 jeux à demander absolument à saint Nicolas

Plus que deux fois dormir et saint Nicolas déposera les joujoux dans les souliers placés devant les cheminées. Il n’est pas encore trop tard pour lui suggérer de mettre dans sa hotte l’un ou l’autre jeu amusant et intelligent pour les petits et les plus grands. Comme par exemple mes deux coups de cœur de l’année, basés évidemment sur l’orthographe et l’utilisation de la langue française…

comment-j-ai-adopte-un-gnou « Comment j’ai adopté un gnou », Editions Le Droit de perdre, 15 €

« Du pur délire pour les adultes ! Un super outil d’expression pour les enfants », peut-on lire sur la boîte. Et c’est tout à fait vrai ! Ce jeu de dés va vous permettre de raconter des histoires. Complètement folles, hilarantes, surprenantes, détonantes.

Le principe du jeu ? Vous lancez deux dés numérotés. La combinaison vous donne le numéro du thème de votre futur récit ; 120 sont proposés comme « Mon GPS se moque de moi », « Je lis l’avenir dans la purée de pomme de terre », « J’ai sauvé la planète mais personne ne le sait »,
« Un jour, j’ai mangé 23 œufs durs ! »… Puis, vous lancez les six dés colorés, du plus clair au plus foncé. Sur chacune des faces des dés sont écrits des mots de transition tels que
« Et là, surprise… », « Je précise que…», « Moi, tranquille… », « Je dois vous avouer…»,
« C’est comme ça que… ». Vous l’aurez compris, entre chaque lancer de dé, vous devrez compléter votre histoire en utilisant le mot de transition apparu sur le dé.

Mais attention ! A tout moment, un autre joueur peut utiliser le dé noir pour donner une tout autre tournure à votre récit, vous poser une question, vous contredire, etc..

Qui gagne ? A la fin de sa prestation, le narrateur lance un dé numéroté. Si tous les autres joueurs estiment que son histoire mérite un meilleur score, il a le droit de lancer l’autre dé numéroté et de cumuler la valeur des deux dés. Celui qui a obtenu le meilleur score à la fin d’un tour de table a gagné. « Ce système peut se révéler injuste, précisent les auteurs du jeu. Or la vie est injuste et ce jeu c’est la vie ! »

Nombre de joueurs : 3 à 8

Âge : 8 à 88 ans

A-qui-la-faute « A qui la faute ? », Presses universitaires de France, 14,90 €

Pour réviser son orthographe de manière ludique seul(e), en famille ou entre amis, « A qui la faute » est le jeu qu’il vous faut. Il se présente sous la forme d’un petit coffret de 200 cartes de trois couleurs différentes. Chaque couleur correspond à un niveau de difficulté : vert pour les débutants, bleu pour les joueurs confirmés, rouge pour les experts.

Le principe du jeu ? Vous déterminez un temps de jeu. Chacun à leur tour, les joueurs tirent une carte du niveau de leur choix. S’il répond correctement, le joueur conserve la carte. Si pas, il la replace en dessous du paquet. Sur chaque carte, une question d’orthographe sous forme de QCM est posée ; au verso, la solution, une explication et une astuce donnée par un petit animal pour mémoriser ou comprendre la règle. On peut augmenter la difficulté du jeu en instaurant des règles supplémentaires grâce au dé. Celui-ci peut par exemple déterminer le nombre de bonnes réponses à donner à la suite ou le nombre de cartes à tirer d’affilée. On peut aussi décider que la bonne réponse ne suffit pas, qu’il faut la justifier.

Qui gagne ? Le joueur qui, au cours du temps déterminé, a répondu correctement au plus grand nombre de questions.

Nombre de joueurs : 1 à plusieurs

Âge : 9 à 99 ans

Bon amusement et bonne Saint-Nicolas !

« 99 dessins pour ne plus faire de fautes »

99 dessins Voilà un livre à lire sans faute ! Car il vous permettra de ne plus jamais en faire. Du moins, il vous évitera de trébucher sur les 99 mots les plus souvent mal orthographiés. Amusant, ludique, « 99 dessins pour ne plus faire de fautes » devrait selon moi être distribué dans toutes les écoles, un exemplaire à chaque élève ! Joëlle, si tu me lis… Sa magie ? Il rend les difficultés orthographiques graphiques !

Les deux « b » de « sabbatique » se transforment subitement en haut de maillot de bain féminin. Le « i » de « dessin » en crayon, tandis que le « e » de son homonyme « dessein » devient une cible. Quant aux deux « B » fiévreux de part et d’autre de la syllabe « nu » du mot « obnubilé », ils vous permettront de ne plus jamais écrire « obnibulé » ! Un dernier exemple ? Le « s » de
« puits », transformé en manivelle pour remonter le seau… du puits. Allez, encore un :
le « t » de « bénit » transformé en croix du supplice.

Chaque dessin est accompagné d’un texte qui rappelle les règles de base, revient sur l’étymologie et signale les exceptions.

Cette petite vidéo devrait vous mettre les mots à la bouche :

On dit souvent qu’une image vaut mieux que mille mots. Cet ouvrage le prouve une fois de plus. Il frappe notre imagination et est une aide précieuse à la mémorisation. Du moins pour tous ceux dont la mémoire est visuelle. Et pour les autres qui ont une mémoire davantage auditive, on rappellera que l’orthographe peut aussi s’apprendre en chansons

Sandrine Campese, « 99 dessins pour ne plus faire de fautes », Editions de l’Opportun, 2015.

Homeless Fonts : l’art d’écrire pour la bonne cause

Homelessfonts Si aux Etats-Unis on estime qu’apprendre l’écriture « en attaché » n’a plus d’intérêt, si en Finlande on va même jusqu’à préférer le clavier au crayon pour apprendre à « écrire » (ouf, ce n’était pas vrai, juste une erreur de traduction relayée par quasi tous les médias francophones), voici pourtant une preuve que notre écriture, notre façon toute personnelle de former les lettres, peut valoir de l’or. Ou du moins quelques euros.

L’opération a lieu en Espagne, à Barcelone. Baptisée « Homeless Fonts », elle permet à des sans-abri de vendre leur écriture. Ou plus précisément une police de caractères créée, avec l’aide de typographes, à partir de leur écriture, leur manière unique d’écrire. Une dizaine de sans-abri se sont déjà prêtés à l’exercice. Quelques marques, dont les vins Valonga, ont acheté une licence pour utiliser « Loraine », « Luis », « Guillermo » ou encore « Francisco » dans leurs newsletters, sur leurs étiquettes ou encore dans leurs présentations, sur leur papier à en-tête… Chaque police porte le nom de son artiste !

Prix de la licence ? 19 € pour un usage personnel, 290 € pour un usage professionnel. Les bénéfices permettent d’aider les 1.400 sans-abri espagnols dont s’occupe la Arrels Fundació. Plus de 30.000 téléchargements (dont le nôtre, on s’est offert « Francisco » !) ont déjà été effectués.

Un projet qui allie joliment engagement social et art. Oui, l’écriture est un art même si certains veulent sa mort.

Le projet « Homeless Fonts » en vidéo

La lettre dont on ne peut prononcer le nom

22 Le lipogramme est un jeu qui interdit l’usage d’une ou plusieurs lettres de l’alphabet dans un récit. Le plus célèbre lipogramme est sans doute celui de Georges Perec qui a banni la lettre « e » de son roman « La Disparition ». Une prouesse littéraire, certes. Un jeu de l’esprit, nul doute. Mais encore…

C’est le point de départ d’une petite perle à mettre entre les mains de tous les enfants mais aussi de tous les parents : « 22 ! ». Ecrit par Marie-Aude Murail et édité par L’Ecole des Loisirs, c’est l’histoire d’un Grand-Duché où la lettre « v » a été bannie à cause d’un poème rédigé juste pour rire mais qui déplut au Grand-Duc. Plus question d’écrire la lettre maudite ni de la prononcer sous peine d’amende ou, pire, de se faire couper la langue ! Des correcteurs de la chose écrite furent même engagés pour supprimer la lettre honnie de tous les romans, contes ou pièces de théâtre. Une censure qui oblige tous les habitants, et le Grand-Duc lui même (dur, dur car « on peut être tyran et pas très fort en synonymes »), à dénicher une multitude de synonymes qui rendent certains passages particulièrement exquis. Jusqu’au jour où son propre fils fait connaissance avec la lettre conspuée…

Pour l’auteure, cette censure qui peut paraître dérisoire au départ, interdit en réalité toute spontanéité. Pire, elle dénature notre héritage culturel et pèse même sur notre désir de créer (le héros de l’histoire, Ladimir, est auteur et n’a d’autre choix que de s’exiler dans une contrée éloignée pour rédiger comme il l’entend et utiliser la lettre dont on ne peut prononcer le nom !). Bref, aucune censure même la plus petite ne peut être prise à la légère.

Au-delà de ce message un brin « sérieux » pour un récit qui s’adresse aux 7-10 ans,
« 22 ! » est amusant, réjouissant et nous amène, petits et grands, à nous rendre compte de la richesse de la langue française, de tous ces synonymes que l’on emploie chaque jour sans y penser.

Bref, un bijou à commander sans tarder chez le libraire du coin. Ah oui, j’oubliais : pourquoi 22 ? Car la lettre maudite est la 22e de l’alphabet. Surtout, ce sont les typographes qui sont à l’origine de l’expression « 22 ! » : pour s’avertir mutuellement de l’approche dans l’atelier de leur supérieur hiérarchique (le prote), ils criaient « 22 ! » qui est l’addition des rangs dans l’alphabet des quatre lettres du mot « chef » : c-3 + h-8 + e-5 + f-6 = 22.

Marie-Aude Murail, « 22 ! », L’Ecole des Loisirs, 2008.

Ce billet a été écrit en utilisant une seule fois la lettre bannie par le Grand-Duc Nikolaï. Ce ne fut pas simple ! 😉

TransProse transpose les romans en musique

Sheet music with fountain pen Ecrire, c’est un peu comme composer de la musique. Chaque phrase doit être mélodieuse, avoir sa musicalité. Tant que l’on n’a pas trouvé la bonne musique, on réécrit et réécrit encore.

Ecriture et musique seraient donc intimement liées. A tel point que l’artiste Hannah Davis et le chercheur Saif Mohammad tentent de retranscrire des romans en musique. Le fruit de leurs travaux est un logiciel baptisé TransProse. Pour le mettre au point, ils ont associé 14.000 mots à huit émotions majeures : tristesse, peur, colère, confiance, surprise, dégoût, anticipation et joie. Résultat : l’algorithme est capable, après avoir scanné les mots d’un roman, de composer une partition en phase avec l’émotion qui se dégage de l’œuvre littéraire.

Pour adopter le bon rythme, TransProse va jusqu’à analyser des champs lexicaux. Ainsi les mots reflétant un mouvement, un déplacement accélèrent-ils le rythme de la composition. Ceux qui évoquent le calme ou l’immobilité le ralentissent.

Hannah Davis et Saif Mohammad ont déjà transposé 12 romans en musique. Parmi ceux-ci : « Alice au Pays des Merveilles », « Les Aventures de Sherlock Holmes », « Le Petit Prince » ou encore « Orange Mécanique ». Le résultat est… amusant. Après avoir lu quelques pages du « Petit Prince » en écoutant la musique créée avec TransProse, on se dit qu’en effet, l’un et l’autre s’accordent. Le ton et le rythme y sont. Mais ne vous attendez pas à du Bach ou du Chopin ! L’artiste et le chercheur n’en sont il est vrai qu’au début de leurs développements, comme ils le précisent sur le site de TransProse. Nous sommes curieux d’écouter la suite…

Envie d’un petit avant-goût ? Ecoutez un extrait des « Aventures de Sherlock Holmes » et d’« Alice au Pays des Merveilles ». Et donnez-nous votre avis !

Dessine-moi un mot… du futur

Mots du futur Chaque décennie apporte son lot de néologismes. Dans les années 1960, les anglicismes ont tenu le haut du pavé. Dans les années 1970, les noms en forme de sigles ont déferlé. Puis ce fut le tour des mots finissant par « -tique », et ceux qui commencent par « cyber- ». Le vocabulaire suit l’évolution de la société. Des milliers de mots nouveaux apparaissent au fil du temps. Et si nous inventions les mots du futur plutôt que de laisser cette tâche à des ministères et fonctionnaires souvent à côté de la plaque ?

C’est le projet collaboratif du « Dico du Futur » qui permet à tout un chacun lors de séminaires, d’ateliers ou d’événements de jouer à inventer les mots de demain. Un concept ludique qui a déjà donné naissance à quelques perles qui peut-être un jour entreront dans les pages du « Larousse » ou du « Robert »…

Mes exemples préférés ?

Funebriste : « Employé spécialisé dans les enterrements virtuels et l’usage des technologies dans les rites funéraires »
Motivamuser : « Utiliser l’humour et le jeu pour motiver »
Enverdeur : « Intégriste de l’écologie qui critique en permanence les pratiques pas assez vertes de ses proches »
Icarement : « Vêtement qui permet de voler »
Nigauketing : « Ensemble des études qui prennent les clients et les entreprises pour des nigauds »

Ils sont tous à lire ici.

Et vous, quel(s) mot(s) proposeriez-vous au « Dico du Futur » ?

Saint Nicolas est (enfin) passé

Wordament 2 Chaque année c’est pareil, au pied de la cheminée, il n’y en a que pour vos enfants. Une boîte de LEGO par-ci, une BD par-là, quelques chocolats. Et vous, rien, nada. Ou alors juste une guimauve que votre rejeton aura daigné vous céder. Alors parce qu’on n’est jamais mieux servi que par soi-même, ce matin j’ai cherché un jeu, un jeu pour moi. « Mon » jeu de Saint-Nicolas.

Je l’aime tellement que je me suis dit que j’allais le partager avec tous les parents qui comme moi ont été injustement oubliés par le Grand Saint. Et qui sait, peut-être nous « affronterons »-nous lors d’une partie ? Car ce jeu est un grand tournoi mondial, un jeu de lettres pour le moins addictif, qui ne s’arrête jamais (les parties se poursuivent 24h/24) et baptisé très logiquement Wordament. Le but : composer le maximum de mots, en obtenant le score le plus élevé possible, ou le plus long mot possible en un temps limité : 2 minutes. Pour cela, vous disposez d’un carré composé de 16 cases comprenant chacune une lettre à laquelle est adossé un nombre de points. Pour constituer les mots, vous pouvez partir du haut, du bas, aller vers la gauche ou la droite, monter, descendre, bref aller dans tous les sens. Ce qui complique évidemment le jeu. Mais le rend aussi intéressant.

On peut y jouer tant sur iPhone que sur Android ou Windows Phone (et même sur XBox Live, le jeu a été développé par Windows) et partager ses scores sur Facebook. Et si vous aimez les défis, vous pouvez même tenter votre chance dans d’autres langues. Près de 40 sont disponibles.

Prêt(e) pour une partie ?

Un photographe au pied de la lettre

tumblr_mi7cveTP4d1s2fwjno1_1280 Ses photos ne sont pas toute jeunes, il les a prises au milieu des années 1990 dans le métro parisien. Des expos et un livre* les ont fait vivre jusqu’au début des années 2000. Et puis subitement, nouvelle expo et elles font à nouveau le buzz en cette année 2013. Peut-être parce que cette série de clichés baptisée « Metropolisson » a ce que l’on appelle du bagout. Elle parle et elle sait faire parler d’elle. Tout comme son auteur, le photographe Janol Apin. Un amoureux de la photo mais aussi des mots. Des mots avec lesquels il ne cesse de jouer. Et qu’il aime mettre en scène… au pied de la lettre. Nous qui aimons mettre Les Points sur les i, nous sommes conquis !

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Plus de photos ici
* Janol Apin, « Metropolisson », Editions Lacarothe, 2009.

Vos vacances sur Moleskine

2401_MOLESKINE_2Les vacances d’automne commencent aujourd’hui. Certains s’envoleront peut-être vers le soleil, une capitale européenne ou « descendront » quelque part en France. Ce voyage, peu le feront
« vivre » à leurs proches, leurs amis. La carte postale n’a plus la cote. Semble devenue ringarde. Le récit de voyage, lui, est tout bonnement tombé aux oubliettes.

Pour ceux qui feraient de la résistance et pour qui la plume et l’encre ne feraient pas encore partie de la préhistoire, Moleskine a imaginé l’an dernier le Moleskine Postal Notebook . Petit carnet de huit pages qui ne fait qu’un avec son enveloppe. On peut y écrire, y dessiner, y coller (ou y glisser) des photos, raconter de manière créative ses impressions de voyage. Il suffit ensuite de replier le tout et de noter l’adresse du destinataire sur les lignes prévues à cet effet. Plusieurs couleurs et formats sont disponibles.

Chez Les Points sur les i, on adore. Et vous, prêts à y succomber ?

Bonnes vacances !