Non au langage SMS dans les manuels en primaire

langage sms J’avoue. Je suis réfractaire au changement. Surtout lorsqu’il s’agit de langue française. J’exècre la nouvelle orthographe. Il n’y a rien à faire, ça ne passe pas. Écrire
« connaître » sans accent circonflexe,
« oignon » sans « i » ou « événement » avec un accent grave sur le deuxième « e », est un réel supplice. Même si j’y ai été contrainte à maintes reprises dans le cadre professionnel notamment à… l’université de Liège.

Si la nouvelle orthographe m’avait déjà donné un coup de vieux, un clou supplémentaire a été planté hier dans mon cercueil.

Alors que j’étais occupée à parcourir les dernières nouvelles sur les sites d’information, le titre d’un article m’a subitement provoqué des extrasystoles : « Du langage SMS dans les manuels scolaires en primaire. » Non !? Si ! Et depuis 2011, en plus ! L’argument de choc des enseignants convaincus et de l’éditeur (Van In) : « On part de la vie des enfants pour susciter de l’intérêt. » Aurais-je raté un épisode ? En 4e primaire, serait-on déjà adepte du sms ? Tous les enfants de 9 ans ont-ils désormais un smartphone et un abonnement sms illimités ? Le langage sms fait-il réellement partie de leur quotidien ? Moi qui pensais que ce fléau ne démarrait qu’à 13 ou 14 ans… Evidemment, je fais partie de la vieille école.

Mes extrasystoles sont reparties de plus belle quand, dans un autre article sur le même sujet, la maison d’édition insiste : « Le but est de partir de cette situation qui n’est pas correcte, pour aller vers quelque chose de correct en travaillant la grammaire. » Euh… Je vous épargne le commentaire désagréable sur la construction de cette phrase et je pose une nouvelle question : et si on commençait plutôt dans l’ordre logique des choses ? Apprendre d’abord aux enfants l’orthographe correcte des mots, par exemple… Cela éviterait peut-être aux chercheurs de se demander « Pourquoi les étudiants sont-ils nuls en orthographe ? » et d’écrire des ouvrages comme « Orthographe en chute, orthographe en chiffres ». En 20 ans, les fautes d’orthographe des étudiants de première année à l’Université ont doublé !

Bref, je veux bien vivre avec mon temps, mais il ne faut tout de même pas pousser mémé (moi) dans les orties. Si les pédagogues estiment normal de d’abord savoir écrire « poa » avant « poids » ou « oQne » avant « aucune », désolée mais moi, je « kontST », euh, pardon, je conteste. Sur ce, je vais acheter un exemplaire du VOB. Le VOB ?
Le « vocabulaire orthographique de base », 4.000 mots que les enfants doivent pouvoir orthographier correctement à la fin de l’école primaire. La vieille mère que je suis, a inscrit son fils dans une « vieille » école. Et la semaine prochaine, il y a interrogation !