« Je te dis que l’ours hiverne ! »

Ours Je savais que cela arriverait un jour. C’est juste arrivé un peu plus tôt que je ne l’avais imaginé. Mon fils de 6 ans m’a cloué le bec sur une question de vocabulaire. Voilà qui m’apprendra à l’emmener en vacances au Canada…

Je vous raconte. Ce jeudi après-midi, Melvil rentre de son stage de natation accompagné de sa nounou. Ils sont en grande discussion.

Lui : « Je te dis que l’ours hiverne ! »

Elle : « Non, l’ours hiberne, avec un ‘b’. »

Je m’immisce dans le débat et vole au secours de la nounou.

Moi (un peu trop sûre de moi) : « Mais si mon chéri, l’ours hiberne. L’hivernage, c’est pour les bateaux… »

Lui : « Je te dis que NON ! » (les majuscules s’imposent) « Ils l’ont dit au ‘zou’ de
Montréal ! » (Au Québec, on ne dit pas « zo », on dit « zou », à l’anglaise)

S’ils l’ont dit à l’Ecomuseum de Montréal… Pour ne pas perdre la face tout de suite, je tente l’explication ridicule : « Oui mais tu sais, au Québec, ils disent peut-être hiverner au lieu d’hiberner. Ils disent bien bouffer au lieu de manger sans que ça ne soit familier… En Belgique aussi, on utilise parfois des mots qui ne sont pas du français de France… » Là, je sens que je m’enfonce.

De commun accord, nous sortons de la bibliothèque « L’Univers fascinant des animaux ». Et là, le couperet tombe. Un grand moment de solitude m’envahit…

« L’ours noir n’est pas un hibernant car il reste tout le temps semi-conscient. » « Le grizzly n’hiberne pas vraiment. » Le site Ursides.com confirme : « Contrairement à la pensée populaire, l’ours n’est pas un véritable hibernant. On dit qu’il hiverne. La vie de l’ours se déroule au ralenti. L’ours reste attentif aux bruits extérieurs et peut sortir de sa tanière en cas de danger. »

Voilà, pour une fois, et ce n’est sans doute pas la dernière, c’est Melvil qui a mis les points sur les i…

PS : les animaux qui hibernent sont la grenouille, la marmotte, le hérisson, la chauve-souris, le loir, le castor, le lézard, ainsi que certains poissons, quelques hamsters et certaines souris.

On dit pas Madame, on dit Mademoiselle !

Demoiselle La Fédération Wallonie-Bruxelles a décidé que je ne pourrai plus cocher la case « Mademoiselle » sur les documents officiels. Mais de quoi je me mêle ! Et si ça me chante, moi, qu’on m’appelle « Mademoiselle ». Ne pas être mariée serait-il devenu honteux ? Une demoiselle serait-elle moins sérieuse et respectable qu’une dame ? C’est vrai que l’on nomme
« Mademoiselle » les filles de joie…

La décision se baserait sur l’avis de linguistes brandissant l’argument de la discrimination. J’aime beaucoup les linguistes mais là, franchement… Ce serait « une intrusion dans la vie privée des femmes ». A choisir, je préfère que l’on m’appelle « Mademoiselle » plutôt que l’Etat s’arroge le droit de me dire comment je peux ou non construire ma maison ou vienne ponctionner toujours un peu plus le fruit de mon travail et de mon épargne.

Et puis, comme si nous lancer du « Madame » à tour de bras allait changer quoi que ce soit aux inégalités toujours persistantes à l’encontre des femmes, qu’elles soient « Madame » ou « Mademoiselle ». Quant à donner du « Madame » à une jeune fille de 20 ans… Quelle horreur (pour elle) !

C’est comme cette nouvelle manie de féminiser les noms de métier, de fonction, de grade ou de titre. Certains termes ont leur charme, j’avoue, mais malheureusement ça ne suffit pas à instaurer l’égalité des salaires.

Non, franchement, devenir l’équivalent de « Monsieur » ne m’intéresse pas. Je préfère encore passer pour une vieille fille, une enfant voire une fille de joie sans cervelle…