Homeless Fonts : l’art d’écrire pour la bonne cause

Homelessfonts Si aux Etats-Unis on estime qu’apprendre l’écriture « en attaché » n’a plus d’intérêt, si en Finlande on va même jusqu’à préférer le clavier au crayon pour apprendre à « écrire » (ouf, ce n’était pas vrai, juste une erreur de traduction relayée par quasi tous les médias francophones), voici pourtant une preuve que notre écriture, notre façon toute personnelle de former les lettres, peut valoir de l’or. Ou du moins quelques euros.

L’opération a lieu en Espagne, à Barcelone. Baptisée « Homeless Fonts », elle permet à des sans-abri de vendre leur écriture. Ou plus précisément une police de caractères créée, avec l’aide de typographes, à partir de leur écriture, leur manière unique d’écrire. Une dizaine de sans-abri se sont déjà prêtés à l’exercice. Quelques marques, dont les vins Valonga, ont acheté une licence pour utiliser « Loraine », « Luis », « Guillermo » ou encore « Francisco » dans leurs newsletters, sur leurs étiquettes ou encore dans leurs présentations, sur leur papier à en-tête… Chaque police porte le nom de son artiste !

Prix de la licence ? 19 € pour un usage personnel, 290 € pour un usage professionnel. Les bénéfices permettent d’aider les 1.400 sans-abri espagnols dont s’occupe la Arrels Fundació. Plus de 30.000 téléchargements (dont le nôtre, on s’est offert « Francisco » !) ont déjà été effectués.

Un projet qui allie joliment engagement social et art. Oui, l’écriture est un art même si certains veulent sa mort.

Le projet « Homeless Fonts » en vidéo

Saint Nicolas, trait d’union et majuscule

saint Nicolas L’institutrice de mon fils ne sait pas orthographier correctement le nom de saint Nicolas. Cela dit, elle n’est pas la seule… Voici quelques semaines, un client m’a littéralement vilipendée parce que j’avais oublié la majuscule et le trait d’union de « saint Nicolas ». J’ai donc gentiment pris mon bâton de pèlerin de l’orthographe – pour ne pas dire ma crosse – pour lui expliquer que non, je n’avais rien oublié du tout.

Mais j’avoue, le mot « saint » et son équivalent féminin constituent un des chapitres les plus délicats de l’orthographe française. Je m’explique…

Lorsqu’il désigne un personnage, comme notre très cher saint Nicolas tant attendu ce
6 décembre, le mot « saint » s’écrit toujours sans trait d’union et avec une minuscule. Sauf, bien sûr, si le mot « saint » commence une phrase (comme dans le titre de cet article). Bref, lorsque Sidonie (ou Arthur) écrit « Cher saint Nicolas » pour débuter sa lettre, apprenez-lui qu’il est inutile de flanquer une majuscule et un trait d’union à l’homme à la longue barbe blanche.

Par contre, si elle (ou il) évoque dans sa lettre la fête de Saint-Nicolas, là, la majuscule et le trait d’union sont indispensables. En effet, le mot « saint » s’écrit avec une majuscule et un trait d’union quand en composition avec le nom du personnage, il désigne une fête (la Saint-Nicolas), une date (à la Saint-Nicolas), un événement historique, un lieu (la ville de Saint-Nicolas), une île, une montagne, un fleuve ou une rivière, une église, un ordre religieux, un monument, une rue, une place…

Mais la difficulté ne s’arrête pas là ! Car si l’on écrit, en parlant de la fête,
« la Saint-Nicolas », il faudra par contre écrire « la fête de saint Nicolas » (car dans ce cas, l’allusion au saint est exprimée). C’est valable aussi lorsqu’on parle d’une église. On écrira « la basilique Saint-Pierre » mais « la basilique de saint Pierre ».

Et l’on vous épargne les cas particuliers comme la sainte Eglise, la Sainte Vierge, le Saint-Père ou encore l’Ecriture sainte. Vous les trouverez tous dans la hotte de saint Grevisse.

Bonne Saint-Nicolas !