Un prix littéraire ouvert aux robots, ça change du Goncourt !

Hombre frente a un robot Alors que les noms des lauréats des plus « prestigieux » prix littéraires tombent au même rythme que les feuilles des arbres, et sans véritable surprise, au Japon, terre d’innovation, les organisateurs du prix Hoshi ont fait une annonce qui, dans le milieu littéraire francophone bien-pensant, aurait sans doute fait l’effet d’une bombe. Imaginez que le Goncourt soit ouvert aux robots… Non, n’imaginez pas, cela n’arrivera jamais.

Ce sera pourtant le cas lors de l’édition 2015 du prix Hoshi, du nom de l’un des principaux auteurs de science-fiction japonais. La fille de ce dernier espère en effet que des histoires « imaginées » par des robots, des ordinateurs, des intelligences artificielles concourront contre des humains. Le jury n’aura pas connaissance de qui aura écrit quoi. Afin de garantir l’objectivité du choix ; une fois de plus on est loin du Goncourt où les critères de choix sont parfois très subjectifs comme on peut le lire dans cet excellent article du Nouvel Obs.

Une idée saugrenue ? Pas tant que ça. Lorsqu’on lit les ouvrages de certains auteurs, on se dit que les ordinateurs actuels sont certainement capables de faire aussi bien si pas mieux ! Le professeur Matsubara de la Future University-Hakodate de Hokkaido n’est pas (encore) aussi catégorique que moi. Depuis un peu plus de trois ans, il travaille sur une intelligence artificielle qui, selon lui, devrait être capable, en 2017, de générer un bon récit. Celui qui sera présenté pour le prix Hoshi à l’automne 2015 ne devrait donc pas être en mesure de remporter le prix. La machine aura encore besoin d’apprendre, de « lire »,
de « s’inspirer » de ce que les humains écrivent.

Cela signifie-t-il qu’une intelligence artificielle ne sera en fait capable que de plagiat ou de concevoir des histoires inspirées de celles de « vrais » auteurs ? Comme le fait remarquer un article du « Guardian », quel auteur n’a pas commencé par lire des centaines d’ouvrages avant d’écrire le sien ? Ne demande-t-on pas aux écrivains quels sont leurs modèles littéraires ? Faut-il être humain pour écrire du Dan Brown ou du Marc Levy ? Voilà qui mérite réflexion.

Le prix Hoshi 2014 a été décerné, peut-être pour la dernière fois, à un humain : Shinichi Endo.

Merci à Laurent d’Alvise de Laboralys pour l’inspiration…