Toutes les couleurs ne s’accordent pas !

Woman paint wall at home. Les couleurs sont souvent un casse-tête. Les accorder n’est pas toujours chose aisée. Que l’on soit devant sa garde-robe ou occupé(e) à décorer son intérieur. La mode et la déco ne sont toutefois pas les seuls domaines où toutes les couleurs ne s’accordent pas. En grammaire aussi, les « fautes de goût » sont légion.

Pas simple, en effet, d’accorder les couleurs en français. Si les souris peuvent être vertes, les yeux ne seront jamais « marrons », ni les bonbons « oranges ». Ces adjectifs de couleur sont en réalité des noms communs pris adjectivement. Résultat, ils sont invariables tout comme les couleurs abricot, chocolat, brique, café, argent, bronze, azur, caramel, champagne, cannelle, carotte… Mais aussi toutes les couleurs ayant pour origine des noms propres (garance, isabelle…) ou d’origine étrangère (kaki ou auburn, par exemple).

Comme rien n’est jamais simple en français, la couleur rose, elle, s’accordera. Car certains noms ont acquis le statut d’adjectif (et inversement). C’est le cas, entre autres, de vermeil, mauve, écarlate, pourpre, fauve, incarnat. Cela dit, qui sait vraiment que ces adjectifs hauts en couleur sont aussi des noms ? Ce petit tableau récapitulatif devrait vous aider à y voir plus clair, même s’il n’est pas exhaustif.

La difficulté d’accorder les couleurs ne s’arrête pas là. Cela aurait été finalement trop facile. Ainsi deux adjectifs employés pour désigner une seule couleur sont invariables. Des pantalons rouge foncé et des chaussettes vert clair ne s’accordent pas. Il n’est pas sûr que portés, ils s’accordent davantage…

Autres petites spécificités à tenir à l’œil lorsqu’on marie les couleurs en langue française :

> si deux adjectifs de couleur se suivent pour désigner, une fois encore, une seule couleur, ils doivent être réunis par un trait d’union et restent invariables. Concrètement, cela donne, par exemple, des yeux bleu-gris ou bleu-vert.

> si chaque jouet comporte du vert et du jaune, on écrira « des jouets vert et jaune ». Par contre, s’il y a des jouets uniquement verts et d’autres uniquement jaunes, on écrira « des jouets verts et jaunes ».

A vos pinceaux !

L’orthographe, ça rend fou !

Orthographe rend fou Faites le test. Relisez vos 10 derniers e-mails reçus, professionnels ou non, et traquez les fautes d’orthographe. Dans deux sur trois, vous en trouverez. Et c’est un minimum ! Une étude française assure même que 90 % des e-mails pro contiennent au moins une faute d’orthographe. Je ne vous inflige pas le même exercice pour les sms, les publications sur Facebook, Twitter et leurs amis, le résultat sera pire encore. Sur les réseaux sociaux, les marques font d’ailleurs très fort

C’est un fait, l’orthographe est négligée. Peu de monde semble encore y porter une réelle attention. Voire s’y intéresser. Or selon une étude britannique, une seule faute d’orthographe ou de grammaire est capable de réduire de moitié les ventes d’un site de e-commerce. Une entreprise dont les communications ou les courriels des employés seraient systématiquement remplis de fautes, verrait son image en pâtir. Avec à la clé moins de contrats ou de ventes. De même, lors d’un recrutement, à compétences égales, une mauvaise orthographe peut être discriminante. Un autre exemple ? La semaine dernière, « La Libre Belgique » se faisait railler sur les réseaux sociaux à cause d’une Une où l’on pouvait lire « La Premier ministre quadrille le Hainaut », titre accompagné d’une accroche à la syntaxe et au sens plus qu’incompréhensibles. Un site français s’est fait une spécialité de relever les fautes faites par les médias. Il avait manifestement tant à faire qu’il a fini par arrêter sa chasse !

Mais tout cela n’est-il pas étrange ? D’un côté, une majorité de personnes se moque(nt) (les deux orthographes sont correctes !) d’écrire sans faute puisque leur correspondance en compte généralement une dans 90 % des cas. De l’autre, une seule faute peut vous faire perdre un contrat. Nous ne sommes pas loin de la schizophrénie ! On s’en fiche mais c’est tout de même important. Et pour couronner le tout, ce sont souvent les gens qui refuseront d’accorder un marché pour cause de mauvaise orthographe qui seront les premiers à laisser des erreurs dans leurs écrits. Pire encore, certains prétendront que vous avez mal orthographié tel ou tel mot alors que ce sont eux qui sont dans l’erreur (je le sais, je le vis pratiquement chaque semaine !). Je vous le disais, en matière d’orthographe, il y a vraiment de quoi devenir fou.

Et vous, quelle importance accordez-vous à l’orthographe ?

« Au niveau de » la langue, c’est pas terrible !

niveau S’il est bien une locution employée à tort et à travers et qui a le don de me faire bondir lorsque je l’entends ou la lis utilisée à mauvais escient, c’est bien « au niveau de ». Alors une bonne fois pour toutes je le répète, à défaut d’avoir été entendue jusqu’ici, « au niveau de » ne signifie pas « en matière de » ! Vous l’ignoriez ?

Stop donc à ce tic de langage et aux phrases qu’il induit du style « Le pays se porte mieux au niveau de son économie » ou bien encore « Au niveau des langues, elle a fait des progrès ». Pour permettre à tous ceux qui affectionnent l’emploi d’« au niveau de » de faire des progrès en langue française, voici un petit rappel :

« Au niveau de » signifie « être à la hauteur de » ou encore « être à la portée de ». Cette locution suppose donc toujours une comparaison entre deux objets, une idée de hiérarchie, de compétence. Des exemples d’emploi correct ? « Chacun doit être au niveau de la tâche qui lui est confiée » ; « Dans les magasins, les bonbons sont toujours placés au niveau des yeux des enfants » ; « Cette décision se prend au niveau de la direction ».

Il est aussi possible de bannir totalement « au niveau de » de votre vocabulaire. Cela vous évitera les extravagances syntaxiques. La locution se remplace parfaitement par des prépositions ou des expressions. Reprenons quelques-uns de nos exemples :
> « Cette décision se prend au niveau de la direction » devient « Cette décision se prend par la direction » ;
> « Au niveau des langues, elle a fait des progrès » devient « Pour ce qui est des langues, elle a fait des progrès » ;
> « Chacun doit être au niveau de la tâche qui lui est confiée » devient « Chacun doit être à la hauteur de la tâche qui lui est confiée ».

Pour certains, « au niveau de » tendrait à disparaître de nos tics de langage depuis quelques années. Vu le nombre de fois où je suis amenée à le corriger encore aujourd’hui, permettez-moi d’en douter.

Et vous, quel(s) tic(s) de langage vous insupporte(nt) ?